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Avant
de redécouvrir la doctrine d'Aristote, les clercs
du haut Moyen Age élaboraient les définitions
de loi et de justice en puisant aux sources du droit romain,
dans les uvres juridiques de Justinien (le Digeste
et les Institutes) et dans les décretales du droit
pontifical inscrites dans le Décret de Gratien
(1140).
Ainsi
la loi avait-elle surtout un caractère politique,
tant dans sa genèse, puisqu'elle émanait de
l'autorité publique que dans la poursuite du bien commun
et dans son aspect proprement juridique de force coercitive.
Au travers du célèbre encyclopédiste
médiéval, Isidore de Séville,
on récupéra également la notion historique
de loi naturelle, exaltée par Cicéron,
comme fondement et mesure de tout droit établi et
en élaboration.
On
s'appropria, en outre, la réflexion de saint Augustin
sur la Loi éternelle dont le modèle rationnel
et le principe normatif visait l'ordre et la paix pour l'univers
créé.
Avec Augustin ensuite, l'essence de la justice s'identifia
avec la constante disposition de l'âme à rendre
à chacun ce qui lui revient : à Dieu, au prochain,
à soi-même, dans la perspective du bien de la
communauté et le respect de l'eternel projet divin
dans la création du monde et à sa providence
pour l'histoire des hommes.
Ces
textes étaient familiers aux théologiens
de l'époque de saint Antoine et depuis les récentes
recherches de Francisco da Gama Caeiro et de son école,
nous savons que ces textes étaient présents
dans les bibliothèques des Chanoines réguliers
de Lisbonne et de Coïmbre, où saint Antoine
poursuivit sa formation intellectuelle et spirituelle.
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